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Domaine Tempier

Domaine Tempier ★★★

La Provence, et plus particulièrement le terroir de Bandol sur lequel se trouve le domaine Tempier, est l’une des plus vieilles terres viticoles de France puisque la vigne y étaient déjà cultivée par les Grecs phocéens au 5e siècle avant notre ère. Le décret qui donne naissance à l’AOC Bandol date de 1941. Quant au domaine Tempier, sa création est antérieure au règne de Louis X. Le domaine connait des hauts, par exemple avec sa première médaille d’or obtenue en 1885… Et des bas, avec la crise de 1929, sombre période au cours de laquelle de nombreuses parcelles de vignes sont remplacées par des arbres fruitiers. C’est en 1940 que Lucie Tempier et son mari Lucien Peyraud s’y installent. Et c’est Lucien Peyraud qui donne ses lettres de noblesse au domaine en se battant pour produire de véritables vins de garde provençaux. Jean-Marie et François leur succèdent, jusqu’à leur retraite à l’orée des années 2000. Ils possèdent toujours le domaine, fer de lance de l’appellation Bandol, désormais conduit par Daniel Ravier.

Tempier est aujourd’hui le cru de référence du vignoble de Bandol. Tout a été mis en œuvre par la famille Peyraud pour se hisser au sommet d’une hiérarchie régionale (Provence) et surtout locale (Bandol). C’est aussi grâce au professionnalisme de Daniel Ravier, l’actuel directeur du domaine, que s’est amorcée cette reconquête. Il a pu lancer un important programme d’investissement dans la cave, avec un outil de vinification moderne, suivi d’une rénovation complète du parc des foudres. Puis, bien entendu, il a porté une attention toute particulière à un patrimoine viticole exceptionnel composé de très vieilles vignes de mourvèdre, carignan, cinsault et grenache, qui produisent, entre autres, trois célèbres cuvées. La Migoua (10 hectares au Beausset-Vieux, la moitié de mourvèdre complété par du grenache, du cinsault et de la syrah), La Tourtine (5,5 hectares en restanques du Castellet exposées plein sud avec une large dominante de mourvèdre, du grenache et du cinsault) et Cabassaou (parcelle d'1,5 hectare exposée plein sud, 95 % de mourvèdre avec une pointe de syrah et de cinsault). Les derniers millésimes atteignent un très haut niveau. Ils tirent toute la finesse des années plus souples (2008 et 2012), et parviennent à conserver une fraîcheur exceptionnelle sur les grandes années comme 2007 et 2011. Le domaine vient d’acquérir les 22 hectares de vignes du domaine de La Laidière à Sainte-Anne-d’Evenos, dont une partie sera vinifiée sous l’étiquette Tempier, la majorité conservera la marque La Laidière.

Les vins : avec un élevage plus long en cuve et en œuf-béton, le blanc 2015 s’est étoffé et complexifié. À ouvrir à partir de l’année prochaine. Le rosé 2015 a lui aussi gagné en saveurs épicées et fruitées précises. Suite à une forte grêle qui a lapidé le vignoble, le millésime 2014 est assez léger. Les rouges atteignent un niveau remarquable caractérisé par la fraîcheur et la délicatesse, à l’image du bandol classique, sanguin et digeste. La Migoua séduit pour sa concentration et son intensité de saveurs, vers une finale longue et élégante, tandis que La Tourtine se montre plus solaire, avec une trame serrée qui se livrera dans 6-7 ans. Pourtant situé sur un terroir solaire, le Cabassaou est incroyable de fraîcheur. Ces 2014 ne sont pas aussi concentrés que des 2007 ou 2011, mais leur équilibre digeste permettra de les ouvrir à partir de 2020, tout en leur réservant un bel avenir dans les prochaines décennies.

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